Essai de plume

Voilà, j'ai quelques histoires qui me trottent dans la tête et je voulais les mettre en ligne quelque part

25 août 2006

RN 1137 [01]

Titre : RN 1137

Rating : M

Ad : Bien qu’un peu médical sur le début, la suite devrait être moins technique et laisser plus de place à la romance…

 

 

Prologue

 

 

 

« Putain, non ! Me lâches pas comme ça ! Et l’anesthésiste, où il est ? Et un, deux, trois, quatre… quatorze, quinze. Insufflez.

- C’est bon Olivier, le cœur vient de repartir.

- Bon, on attend un peu qu’il se stabilise pour pouvoir continuer. Ah !!! Dr Casteni. C’est gentil de venir nous voir. ET surtout d’arriver après la bataille. On vous a bipé il y a de ça 20 minutes ! Un peu plus et le patient y restait… »

Le Dr Casteni ne répondit. Ca ne servait à rien. Il était en tort et le savait. Il alla donc se positionner à la tête de son malade afin de s’occuper du malade le plus rapidement possible. Et d’une, pour faire oublier son erreur. Et de deux parce qu’il s’agissait d’un AVC [1](et là, c’est une course contre la montre)

« C’est bon Olivier, les constantes sont bonnes. On attend encore 5 minutes pour s’assurer et après, tu pourras reprendre. »

L’intervention se termina sans encombre. Le patient fut embolisé[2], et il devrait (avec un rééducation adaptée) ne pas présenter trop de séquelle.

Olivier regarda sa montre. 13H48. Il soupira. Il allait être en retard au mariage, et Jeanne ne lui pardonnerait pas. Il aurait beau lui expliquer qu’il était en train de sauver une vie, elle s’en ficherait. Elle ne comprenait déjà pas qu’il enchaîne mes gardes et les astreintes de nuit. Alors là, venir bosser un jour de congé pour remplacer un collègue, qui souhaiter juste se taper la nouvelle infirmière anesthésiste hier soir (et qui espérait bien l’avoir toujours dans son lit ce matin), et rater le début du mariage de sa meilleure amie… C’est sur, il était un homme mort.

Bon aller, en mettant un léger coup d’accélérateur, il devrait pouvoir y être avec à peine 1H de retard.

Il monta donc au volant de sa 307, alluma la radio (RTL2), attacha sa ceinture, posa son téléphone portable sur le support prévu à cet effet et le régla sur le mode main libre. Il enclencha alors le contact et en profita pour regarder sa jauge d’essence.

En prenant l’autoroute, il la trouva étrangement emprunter (en faite pas surprenant vu la date : 27 juillet) et décida donc de sortir à la première issue. Il régla ses 1€60 et opta pour la RN1137

 

 

 

A suivre...

 


 

[1] Accident Vasculaire Cérébral. Le cerveau n’est plus alimenté. Plusieurs raisons possibles : une artère bouchée ou un vaisseau déchiré (rupture d’un anévrysme le plus souvent)

 

[2] Méthode qui consiste à faire remonter des spires jusqu’à l’artère pathologique afin de boucher l’anévrysme et ainsi stopper le saignement

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26 août 2006

Le coup de fil

Titre : RN 1137

Rating : M (oui il y aura un lemon, mais pas pour tout de suite)

Ad : Bien qu’un peu médical sur le début, la suite devrait être moins technique et laisser plus de place à la romance…

 

 

Le Coup De Fil

 

 

Il n’avait pas fait 40km lorsque le téléphone sonna. Il regarda qui l’appelait. Jeanne.

« Aïe, je vais me faire passer un de ces savons, pensa t il. »

Il hésita grandement avant de décrocher.

 

« Allo.

- Oui, c’est moi. Je peux savoir où tu es ? T’as vu l’heure. Je te signale tout de même que tu devrais être arrivé depuis près de 4h !!! »

 

Olivier était embarrassé. Il faillit lui mentir et lui dire qu’il était coincé dans les embouteillages. Argument à peu près plausible pour 1 ou 2 heures de retard. Mais pour 4 heures, c’était plus très crédible…

Il réfléchit rapidement à un mensonge tangible, mais malheureusement, il n’en trouva aucun. Tant pis, il ne regrettait pas son geste de ce matin. Par contre, il ne raterait pas Loïc la prochaine fois. Tous ça, parce que Monsieur puisse se taper l’autre pouffe (oui parce que franchement la nénette elle avait pas inventé le fil à couper le beurre…)

 

« Oui, je sais, répondit il. Je suis sur la route. Si tout se passe bien, je devrais te rejoindre d’ici 2h.

- 2h ??? Mais pourquoi aussi tard ? T’es où là ? Et t’es parti depuis combien de temps au juste ? Hurla t elle.

- Ca doit faire une vingtaine de minute.

- Je te demande pardon ???!!! s’étrangla t elle.

- Oui. Désolé. J’ai du remplacer Loïc au pied levé. Il est malade. Une gastro du feu de Dieu (j’allais tout de même pas lui dire qu’il voulait juste baiser avec une infirmière, elle le digèrerait pas) Et je n’ai pas pu me libérer avant. Un patient a fait un AVC, il a fallu l’emboliser en urgence. De plus, il a failli nous claqué dan les mains. Mais heureusement tout c’est bien terminé.

-Evite moi ton jargon s’il te plait. Et, qu’est ce que tu veux que ça me fasse. Tu ne devais pas travailler ce week-end. En plus, tu savais qu’on avait quelque chose de prévu. Mais de quoi je vais avoir l’air moi. Tu visualises un peu le tableau : je suis le témoin de la mariée et je vais arriver sans cavalier à ses noces. Purée. Mais tu réfléchis un peu avant d’agir. Avec toi, c’est toujours comme ça. Tu es un être égoïste. J’en ai marre de passer après tes patients. Tu n’es encore qu’un interne en radiologie, vociféra t elle.

- Oh excuse moi Mademoiselle de n’être qu’un pauvre carabin. Mais bizarrement, ça te gène moins de me présenter comme tel que si j’étais mécanicien. C’est plus prestigieux… Et puis, c’est vrai que je suis égotiste que je préfère sauver la vie d’un quidam plutôt que d’accompagner ma copine au mariage de sa pouffe d’amie, un mariage tellement bien, avec plein de gens que j’aime, des idéologies à lesquelles j’adhère et un monde que j’adore…

- Ne commence pas, s’il te plait. Ce n’est pas parce que tu n’appartiens pas au même monde que nous et que tes idées sont différentes d’eux que tu te feras forcément suer !!! Je suis sûre que si tu laisse sa chance ç Julie, tu te rendras compte de la chic fille que c’est, plaida t elle.

- Oui, c’est certain… Je rêve de l’avoir dans mon cercle d’ami : une bourgeoise, royaliste, raciste (voire limite xénophobe), homophobe, antisémite et qui cerise sur le gâteau est une pro sarkosiste. Y a pas à dire, on a toutes les chances de s’entendre !!! »

 

La dispute se prolongea pendant encore une bonne dizaine de minute. Olivier fulminait. Les dires de son amie le taraudaient. Comment pouvait elle prononcer de telles paroles ? Cela lui paraissait inconcevable. C’était la première fois, en 4 ans qu’il l’entendait parler comme ça.

Tout à ses réflexions, il ne se rendit plus compte de la vitesse à laquelle il roulait. Ni de la route qui défilait derrière. Et c’est à la dernière seconde qu’il discerna le scooter devant lui. Il décida de doubler, mais trop absorbé par la dispute qui se déroulait dans l’enceinte du véhicule, il ne vit pas la voiture rouge qui arrivait en face.

 

Au volant de

la Clio

rouge, se trouvait Sébastien Hurveau. Voyant l’autre automobiliste arriver sur lui, il pila en criant « Putain ! Merde ! Pas ça… » Mais trop tard. Le choc allait avoir lieu. Et sans vraiment réfléchir, il envoya un coup de volant vers la droite, pensant atterrir dans le fossé. Sauf qu’il n’avait pas eu le temps de voir l’arbre qui se trouvait sur la trajectoire. Il hurla. Le choc fut violent. Et puis ce fut le trou noir.

 

 

A suivre…

 

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31 août 2006

L'accident

Titre : RN 1137

Rating : M (oui il y aura un lemon, mais pas pour tout de suite)

Ad : Bien qu’un peu médical sur le début, la suite devrait être moins technique et laisser plus de place à la romance…

 

 

L’Accident

 

La scène se déroula sous les yeux ahuris d’Olivier. Ce dernier se rangea rapidement sur le bas côté et sortit de sa voiture, laissant Jeanne s’égosiller au bout du fil.

 

Arrivant à proximité du véhicule rouge il eut un avant goût de ce qui allait l’attendre. Même s’il savait que les accidents les plus impressionnants n’étaient pas spécialement les plus graves (les voitures sont prévues pour plier et absorber ainsi un maximum d’énergie cinétique), il se doutait que malheureusement, cette fois ci, ça ne serait pas le cas. En effet, en approchant de la victime, il vit que celle-ci avait le visage en sang, l’épaule droite était certainement luxée vu sa position peu orthodoxe et le fémur droit était cassé. Une fracture ouverte. Pas bon ça. Il craignait que l’artère fémorale soit touchée. Et là, franchement, il se voyait pas faire une compression de 20 minutes dans une voiture. Mais ce qu’il constata fut encore pire : la victime ne respirait pas et son pouls n’était plus perceptible… « Oh mon dieu non Tout sauf ça !!! » hurla t il.

 

Bien qu’un peu pantois dans un premier temps, il reprit rapidement ses esprits. Il n’allait tout de même pas condamner ce jeune homme à une mort certaine. Il ne se le pardonnerait jamais. Il alpagua le jeune cyclomotoriste resté en arrière pour lui demander de venir l’aider à sortir le corps sans vie de Sébastien. Il lui expliqua rapidement la situation, lui demanda s’il connaissait les gestes de premier secours. Heureusement, ce fut le cas, même si l’adolescent reconnu n’avoir jamais eu à les pratiquer jusqu’à présent. Olivier lui confia donc les missions suivantes. Appeler les secours en n’oubliant aucun point important. Il devait penser à se présenter, se localiser et donner son numéro d’appel. Il devait également explique la situation (ici une accident de la voie publique, véhicule contre un arbre), déterminer le nombre de victime (une seule), son état (une personne en arrêt cardio-respiratoire avec diverse fractures et une possibilité de dissection de l’artère fémorale) et enfin expliquer les soins pratiqués (mobilisation de la victime, massage cardiaque, ventilation.) Olivier lui demanda également d’aller chercher le triangle signalétique situé dans le coffre de sa voiture, de revêtir la veste réfléchissante et d’aller le poster au moins

100 mètres

avant le sinistre, en faisant attention à ne pas se faire tuer. Ce n’était vraiment pas le moment…Enfin, lorsqu’il aurait fini ça, contacter la gendarmerie, qui normalement avait déjà été alertée par les pompiers, pour qu’elle vienne assurer la circulation. Le jeune adolescent partit s’exécuter sans demander son reste. Faut dire qu’Olivier ne lui laissa pas le temps de tergiverser.

 

Le jeune interne dut masser Sébastien pendant près de 2 minutes avant de voir réapparaître un pouls. Certes peu perceptible, mais un pouls tout de même. Par contre, pour ce qui était de la respiration, là ce n’était pas gagné. Il était toujours en train de pratiquer la respiration artificielle (le bouche à bouche quoi) lorsque les pompiers, suivis de près par les gendarmes débarquèrent sur le lieu de l’accident. Olivier mit quelques minutes avant de réaliser qu’il connaissait le médecin du SMUR. C’était un collègue d’internat. Ils allaient transporter la victime au CHU de Nantes. Il était prié de bien vouloir les suivre.

A peine arrivé à l’hôpital, Sébastien, toujours inconscient fut rapidement examiné et partit en direction du scanner, afin d’y réaliser diverses investigations.

 

Au bilan :

- un bassin en vrac qui allait demander pas mal de temps aux chirurgiens orthopédistes.

- un léger tassement de L4[1] (donc pas d’atteinte de la moelle épinière) qui serait réduit par le port d’un corset

- un fémur cassé en 3 morceaux mais sans lésion de l’artère fémorale.

- Par contre, nettement moins réjouissant, un traumatisme crânien avec un hématome extra dural[2], qu’il allait falloir vite opérer et drainer. Voilà la raison pour laquelle le jeune homme était encore inconscient mais aussi pourquoi ses pupilles ne réagissaient pas.

Heureusement le neurochirurgien de garde ce week-end était le professeur Robert. L’un des meilleurs à sa connaissance (comme quoi même les cons savent se montrer très utile parfois…)

Il prit donc son courage à deux mains, s’apprêtant à se faire chambrer dès les premières secondes et appela le neurochirurgien.

A peine avait il raccroché, qu’il fut interpellé par deux gendarmes. Ces derniers lui demandèrent de les suivre pour faire sa déposition.

 

 

A suivre…

 

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[1] L4 correspond à la 4ème vertèbre lombaire. La moelle épinière s’arrête entre L1et L2. Après naissent les racines dites de la « queue de cheval.» Lorsque celles-ci sont atteintes, il en résulte des troubles sphinctériens (urinaire, fécal ou autre) qui apprennent à être gérés grâce à la rééducation.

[2] Il s’agit d’un hématome situé entre la voûte crânienne (l’os) et le feuillet méningé le plus externe (la dure-mère) La masse sanguine va alors « refouler » le cerveau en créant des lésions. Il s’agit d’une urgence car en cas d’engagement cérébral (passage d’un élément vers l’autre côté), il en va de la vie du patient.

Posté par mhsacre à 15:08 - RN 1137 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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